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À la découverte du Tai Chi Chuan

Par REVEL Maximilien — Au fil du Tao

Chaque élève représente l’occasion de découvrir un parcours différent sur le chemin menant à la pratique du Tai Chi Chuan. Ainsi, pour en citer quelques-uns :

  • personne désirant se réapproprier son corps, ses sensations,
  • personne en recherche d’une activité mêlant la spiritualité à une pratique sportive,
  • personne souhaitant se remettre au sport par une activité douce,
  • personne stressée par son activité professionnelle en recherche d’une activité axée sur la détente, concentration et qui revêt un caractère ludique,
  • pratiquant de Chi-Kung (Qi-Gong) désirant découvrir l’aspect martial,
  • karatéka en recherche d’une activité martiale plus en respect de sa santé,

Cette diversité de parcours est révélatrice de la richesse de la matière. En poussant la porte, les élèves possèdent généralement des attentes. On retrouve donc côte à côte des personnes aux profils très différents.

Quelle que soit l’attente initiale, la passion de la pratique du Tai Chi chuan créera une communauté soudée par l’envie de pratiquer ensemble.

Une diversité d’aspects

Entré avec sa vision personnelle, le pratiquant découvrira progressivement d’autres aspects du Tai Chi Chuan. En effet, le style Yang propose une palette impressionnante de facettes :

  1. Méditation en mouvement
  2. Gymnastique douce
  3. Pratique à deux (Tuishou)
  4. Pratique martiale

Une méditation en mouvement

Souvent, l’aspect visible de la pratique, celle qu’on voit dans les parcs, dans les magazines, consiste à dérouler une chorégraphie de mouvements dénommée Grand Enchainement (Taolu, la Forme). Présentée comme une méditation en mouvement, elle met l’accent sur :

  • la respiration,
  • la mémorisation corporelle et intellectuelle,
  • la fluidité du geste,
  • la pratique d’un groupe.

Elle demeure très intéressante pour le pratiquant qui souhaite avoir une pratique méditative tout en se concentrant sur son corps, sa respiration et en contact avec le groupe.

Elle constitue fréquemment l’essentiel de la pratique dans les écoles de Tai Chi Chuan.

Une gymnastique douce

Le second aspect, complémentaire, consiste à ajouter à l’aspect méditatif les bienfaits que peut apporter une gymnastique douce :

  • améliorer le schéma corporel,
  • renforcer le système musculo-squelettique,
  • respirer en accord avec le mouvement.

Schéma corporel

L’amélioration du schéma corporel fournit une des clés les plus appréciables de cette discipline.

En effet, nous sommes généralement déconnectés de notre corps. Par conséquent, il est très fréquent que les premiers temps de pratique fassent apparaître notre maladresse, voire un inconfort devant le manque de sensation. Comprendre ce qui se passe permet d’avancer sereinement et de profiter réellement des exercices.

Renforcement du système musculo-squelettique

La souplesse et mobilité articulaire sont très présentes dès le début du cours. L’échauffement insiste sur les articulations :

  • articulations des membres inférieurs et supérieurs : chevilles, genoux, hanches ainsi que les poignets, épaules
  • Colonne vertébrale : l’art interne sollicite en permanence une conscience de la colonne vertébrale.
  • Force musculaire : les quadriceps sont particulièrement sollicités dans la Forme et lors des déplacements.

Respirer en accord avec le mouvement

La respiration est l’élément indissociable du Tai Chi Chuan et des Qi Gong en général. Le cours commencera toujours par des mouvements de Qi Gong spécifiques à la discipline. Apprendre à respirer donnera cette circulation interne assurant souplesse, légèreté aux mouvements.

Une pratique à deux, le Tuishou

Le second aspect découvert par le pratiquant repose sur la pratique du Tuishou. Il est difficile de s’en faire une idée sans venir essayer dans les cours. On peut formuler quelques idées générales que chaque école va s’approprier selon sa propre compréhension à savoir :

  • se connecter au partenaire,
  • neutraliser sans force musculaire les mouvements d’attaque.

La connexion au partenaire est la première étape concrètement délicate de la discipline. Elle demande une acceptation de ses propres faiblesses et de celles du partenaire. Le pratiquant découvrira une richesse sans commune mesure lorsqu’il partagera ce moment de présence très exigeant et humain.

Le Tuishou, dans notre école, n’est pas martial. De plus, je le considère comme un moment de partage à deux.

Une pratique martiale

Souvent, la pratique du Tai Chi Chuan s’arrête au Tuishou. Cela constitue déjà une étape avancée de la pratique. Par ailleurs, il reste à découvrir que le Tai Chi Chuan constitue un véritable art martial :

  • Les mouvements du Grand Enchaînement contiennent des applications martiales.
  • Le Tuishou est une étape préalable pour apprendre à ressentir la force du partenaire, le neutraliser et le déséquilibrer.
  • Une pratique des armes (sabre, épée) très présente.

Forme de combat à mains nues

Comme tout art martial, le Tai Chi Chuan intègre des frappes de mains, coups de pied, clés (Qin-na), projections.

L’art martial interne a cependant la particularité d’assurer la puissance des frappes grâce à un minimum de force musculaire. Pour arriver à ce résultat, la pratique des Fa-Jin est donc indispensable.

Ainsi, après avoir travaillé sur le contrôle du partenaire (avec les contrôles articulaires dit Qin-Na), la recherche du déséquilibre, le pratiquant pourra poursuivre sa pratique en travaillant :

  • les déplacements, de ce fait prendre conscience des angles et de la distance,
  • augmenter sa vitesse de frappe et la précision des coups.

Il existe une forme chorégraphique dite Sanchou qui se révèle particulièrement intéressante pour qui veut apprendre à travailler sur ces aspects.

L’étape suivante à mains nues est bien sûr le combat libre.

Pratique des armes

Par ailleurs, les armes constituent une étape appréciée des pratiquants. Des films comme « Tigre et Dragon » sont une référence de la beauté du travail à l’épée interne.

La pratique de l’arme permet de continuer le travail du ressenti en mettant l’attention cette fois-ci sur un objet extérieur. Tout en étant spécifique à chaque type d’arme, on retrouvera la recherche du travail interne qui se manifeste de manière externe.

Les pratiques les plus communes sont le bâton, le sabre et l’épée.

Pour aller plus loin

Cet article se veut introductif à la matière. Il est tout de même interessant d’évoquer un autre aspect souvent évoqué dans la littérature relative au Tai Chi Chuan, à savoir son aspect spirituel.

Comment rester sourd et aveugle alors que cet art martial a été créé sur les bases du taoïsme ?

Mes connaissances sont trop restreintes pour aborder ce point de vue avec suffisamment de matière. Cependant, quelques notions générales suffiront pour une première approche.

Le Tai Chi Chuan signifie la Boxe du Faîte Suprême. Les maîtres ont donc incorporé les principes du taoïsme dans cet art martial afin de les rendre accessibles organiquement :

  • différencier le Yin du Yang,
  • sentir la globalité du corps avec une partie Yin qui est reliée à la partie Yang
  • ressentir l’unité de notre corps/ esprit et la manière dont ils sont reliés.

Loin d’être une pratique passive, le Tai Chi Chuan est au contraire une pratique de transformation du corps/esprit. Nous apprenons à nous accepter et à évoluer avec les autres.